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ANECDOTES DU NORD,

COMPRENANT

lA SUÈDE, LEDANEMARCK, LA Pologne, & la Russie;

DEPUIS

VORIGISE DE CES MONARCHIES

JUSQU'A PRÉSENT. ^ _

Ou

A PARIS,

lez Vincent, Imprimeur-Libnûrey rue S. Severin.

M DCC LXX.

Avtc ApfTiAaàon , 6* PrlyiUge Ju RoU

DU

•••

AVERTISSEMENT.

PLUS U Publie paroU goûter U plan de nos Anudous y plus nous devons nous efforcer de miriur fes fuffrages. Cejt dans oetu vue que nous bd priferuons aU" jourd^hui la partie la plus iruéreffante de fhijloire der quatre grandes monarchies y la Sjàdôj le Danemarcky la Pologne^la Ruffie^ fous le titre ij' Anecdotes du Nord. Quelque étroites que foient les tomes d'un feul vo^ lume , il ejl pourtant vrai qu* elles ne nous ^nt point empêchés d^erurer dans des dé^ toits tris'curieux fur les grandes rtvolu^ tions qiiont éprouvées ces contrées fepun* xrionales de FEuropt , fur les moeurs & ufages des haiitans y fur U earaSere des Souverains , Jur les exploits , les ver^ tus y les talent des particuliers illufireSk 'Ain/l y dans les Arucdotes Suédoifes ji ^ rlgnes fameux des Gujlave - Vafa^ 4es Gufiave-Adolphe , des Charles XII , ^ux det Ericy des Waldemar^ des Chrif 4ian dans les D^oijfis ; des Sobieshi dan^sS^

iv Avertissement.

Us Polonoifes ; des Pierre te Grand dans lei Rufficnnes^ ouvrent le champ le plus vafie & le plus agrédiU a la curiofiti du l^&ur» Nous nousfommes attachés y dans la qua^ irieme partit ^ a recueillir différentes Anec- dotes^ concernant leJejourduC[ar Pierre à la cour de France. Ces monarques étrangers^que nos pères ont eus. quelque tems fous les yeux f femblent nous intérejjer plus particulière^ ment que Us autres y fans doute à caufe des imprefpons profondes qu^ils ont Ldjfies apris eux de leurs vertus y comme a fait de nos^ Jours r aimable Souverain du Danemarck* Tout ce que notis avons cru d^ailleiirs pou^ voir fixer rattention dufçavant , fatisfaire - thomme de lettres y ** amufer & recréer r homme du monde y nous en avons fait la matière de nos Anecdotes. Elles font dôru inflrucHves y à Uen des égards ; elles font encore amufanus : en faut-il dasfoatage pour leur minier un accueil favorable ? *

ANECDOTES

ANECDOTES

SUÉDOISES,

DEPUIS L'ORIGINE DE LA MONARCHIE

JUSQU'A PRÉSENT. Il ' f

INTRODl/CTÏON, '

's Suédois Te prétendent def

cendus de Suénon , fils de

Magog , & petit-fils de Ja-*

phet. Ils attribuent à fon frère

Ubbon U fondation de U

ville d'Uplàl; qui fut long-tems regardée

comme la capitale de la Suède. Si ces pré<

tentions font fondées , les Suédois ibnt

fans contredit le peuple le plus ancien de

l'Europe. U n'eft pas étonnant qu'une an^

ticjuité (i reculée ait échappé aux recher*.

An. du Nord. Part. I. A

i ÀNECDOtCl

ches de la chronologie. Les noms barl)a' res des premiers rois de Suède feroient aufli peu fatisfaifans pour l^efprit , que cho- qoans pour l'oreille. L'Hiftoire en diftin* gue cependant quelques-uns , que la (\x* perdition des peuples éleva au-defTûs de fhumanité. TAor^.roi (âge & bijen&iiant. Hit mis par Tes ftijets au rang des dieux ^ & reçoit encore aujourd'hui les hommages des upons idolâtres. Othen, ou Wodcy grand conquérant , grand magicien , & le premier inuituteur de l'idolâtrie, parut mé^ riter une place parmi les dieux qu'il avoit Uattoduits ; &t fa fbtue, érigée à Upiâl , fut long-tems l'oracle des peuples crédules. Freyer^ furrtommé Ingo , pafla également du thrône fur l'autel. C'eft lui qui ordonna que les rois de Suède feroient facrés près c'Upfal, dans un lieu nommé Morajien. Quelques-uns prétendent que Freyer fut le premier qui fut honoré du titre de roL Un prêtre des idoles , nommé ïfidrdy régna Air les Suédois, & fut mis , après ùl mort, au nombre des divinités dont il avoit été le miniftre, vers l'an 890 avairt l. C. C'eft la première époque qu'offre l'Hiiloire de Suède , dans ces tems nébbleux.

Sl^iiJéîJSËis. '^

4^ m^^

SBaVi

J>o[887 AVANT h C.]v1gV

L Amour eft de tou$ te$ pays^ & de:tous les climats* Le prenûer trait ^ que nous |>rérente un peuple alon prefifue fwvage > eft un trait galant. Gram , jprkice de Da<^ nemarck , ëtoit amoureux de k £Ue de Sie- trud , roi de Suède ^ fils £( rucceiTeUr Niord ; mcûs un^grand obftacle s'oppoibit » à fes Vœux : le père de Ta maitreife la def- tinoit au fîrere du roi de Finlande. Gram trouva cependant le moyen d'être be(x^ reux* Affuré du cœur de la fille de Sic* trud ^ il te rendit dëguîTé à la cour Suède ; eiîleya la princefile, &: la cônduifii en Danemarck. «L'enfevement, dit rauteur de ce récit , (Loccénius,) n*avoit alors rien de honteux.» Cependant Sîétrud arma con- tre le nivîfleur , K confiittâ IVjracle pour fça- Voirle (ùccès de ion expédition. « L*or te 1^ nuira plus que le fer, lui répondît l'oracle.»» Cette réponfe étolt aflez intelligible: ce- pendant le bon Sîgtrud s'y trompa. L*art de corrompre les hommes avec de l'or h'étoit pas alors commun qu'aujourd'hui ; tnais Gk-am le fçavoit auffi-bien qiie celiii de ("éduire une fille. Il gaetia par leslarget fes les prfncîpatix chefs de larrtiée Sué- doife , qui lui Hvirefèùt Sigtind. Aîtriî if se*

Aii

^ A K E C 0.0 TES

complit Toracle. Loccënius dit que Gratn tua Sigtrud avec une mafTiie dont le bout ëtoit d*or.

I

' -rî^[78o AVANT J. C.]t>fU

Hunding, roi d^ Suède, & Haddirïg^' roi Danemarck, s'étoient engagés par ferment à jné point furvivre l'un à l'autre : c'ëtoit la principale claufe de raliiance ^'il^ avoient contraâée. La fidélité avec laquelle ils observèrent ce traité , n'pft pas moin^ fiflguliere tfue le traité même. Sur un hxoL bruit , qui fe répandit de la mort *da roi de Danematck , le fidèle Hunding, fàris fe donner le tems d'approfondir un -fait fi important , fe hâta de remplir la convention. Hadding ne l'eût pas plutôt ap- pris, qu'il s'étranela publiquement, avec k même bonne iou

'J^[y6o AVANT J. C.]a><gV

Le jeune prince Régner , écarté par une ,belie-mere ^mbitieufe du thrône de Suède, qui lui appartenoit , étoit réduit à paîtrç les troupeaux , quoique ia naiflànce l'eât deftiné à être paileur des peuples. Il lan- guiflfoit dans cette obfcure fonâion, lorA .que Svanthuite , fille du roi de Dane- [inarck, qui avoit dés vues fur jeune prinqe , entreprit de rendre à la Suède fon roi légitime.S'étant rendue dans ce royaume, cUe reconnut, fous les' habits d'un berger.

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s uId o isEsr f^

Phérîrier de la couronné. Elle lui réprë? fenta; avec cette éloquence perfuafiveqme la nature a donnée aux femmes ^ qu'il de- voit fake tous Tes eflTorts pour monter fiir ^ le thrône qui lui appartenpît à il ]u&e ti- tre ; lui fit entrevoir les moyens qui PQU- voîent l'aider dans cette jentreprife,w lui mit en ^nain une riche ëpëe qu'elle avoit eu foin d'apporter. La gloire fe ftit Wu* - jours écouter , lorfqu'elle prend poi^r in- terprètes l'amour & la beauté. A la Voix de la princeffe , Régner fortit du lâche re- pos où il étoit plongé. Ses droits lui gagnè- rent tous les fuflTrages ; ôc le coinièntement unanime des peuples le porta fiir le thrÔne. Son premier foin fiit de le partager avec la généreufe Svanthuite, qui, après lui avoir appris les moyens de régner , Tint truifit encore dans l'art plus difficile de fme Irégner avec lui b poix ^ la douceur & la juftice.

J1S>[ Ç 15 AVANT J. C. 3«>ÇU

L'hiftoire des Suédois , dans ces tems reculés , n'eft propremeilt que le récit de * leurs démêlés avec les Danois , leurs éter- nels ennemis. On voit, cette année^ les deux - peuples foumis à un feul chef, dans la per- ibnnede Hother. La plus gtorieufe des con< quêtes de ce prince ^t celle de la-belle Nanna , fille de Gévar, roi de Norwége. Dans ces £éclès groffiers , les princes gar

Anj

4^ ÂI9ECD0TK»

r ....•.•

ga^mf lef fstniinçs , comme les Etat$ , Ji Is^^Qte de Vépé^, Hoter triompha de tous fe%livâfU3i^ Outre la fup^riorilé ou couragey il-ftHç^it Tm^' P^x. Tav^tage d'être aimé,

'i^[ÀN 140 DE J. C.]t/g^

}II^(daa II did uçm y alors voJl de Suède* fe;4i^$)n|[ua^ particulièrement par fon adreffe ^ &C j^r Için courage dans les combats fiiv. guUei&r, qui étoient alors fort en uiàge, ' ce fut iiegardë, pour cette raîfon , comme le bétps du Nord. Si^ald , feigneur Suer dois , ^près avoir tenté inutilement de dé- cliner Haldan , le défia au combat^ en fou. opm .^. en celu^ de Tes fils qui étoient ai^.j^mbre de fept. Haldan fit tête k fes huit adverfaires , l'un après Tautrç, & leur ^t mordre Ja ponfliere à tous,

^ ^m honjime obicur y nommé Harthbtn^ q^ a'fivoit d'^i^tr^ mérite qu'unç taille de géant 9 & une forcç d'athlète , jaloux de l'honneur de ft mefiirer avec un roi oià appeler au combat le redoutable Haldan^ qui, âms égard à I9 qualité de radverfidre, ficç^t^ le défi* Harthben fe rendit fiir la çllfl^p batsûllç, accc^npagné de {ix, çbampipàs réfolus de prei^dre fa défenfe , s'il fiicx:omboit ^^ms le combat. Leur nom* h%p, j^ fervit qu*i Euiltiplier les viâioirest d^aldaiQ qui les terrai& tous fiicceffivement. \à^ rare courage de ce prince parut ayçç

Suédoises; f

encore plus cTéclat , dans une autre occa^* fion 9 parce qu^il étoit animé par 1 amour* Un fonnidable géant , nommé Grimmon g lui difputoit le cœur de la princefle Tho«% r'ilde, fille du roi de Norwége. Haldali le vainquit , ta la piinceiTéfut lepcix do Ùl viftoire.

Peu content d*afFronter dangers^ife préfentoient , Tintrépide Haldan les cher*, choit lui-même. Ayant appris qu'un cer- tain Ebbon , homme vil > &qui faifoit le métier de corûire , avoit époufé la fille d^Unguin , roi des Goths , il ne crut, pas qu'il fut de fon honneur de fpuffrir l.af' front fait au fang des rois, dans ïà' per- sonne de cette princefle. Il alla degui(8 préfenterle combat à Ebboq, 6c lui donnai la mort. *

Uyvrognerie de Fîolm , roi de Suède ^ fut la caiiie de fa perte. Ce prince 9 fans égard pour la majeflé royale , admettoît à bo'u-e avec lui les plus vils de Tes dome£ tiques 9 & s'enyvroît fbuvent dans^ cette honteufe cpn^agnie ; mais îl arriva qif un jour fes gens 9 pleins de mépris pour lui, & troublés par les fumées du vin , p^ écipl* terent le roi dans un grand tonneau , rem« pli de vin doux f expoië , au milieu de la cour, à leur avidité. Dans les Annales de $Uorf on , on Ut que Fiolm^ s'étant enyvré

Aiv

f Anecdotes

dans un repas auquel le roî de Danemarcl: Tavoit invité , fut contraint de fortir, pen- dant la nuit, pour fàtisfaire quelque be- foin naturel , mais que, daifc l'obrcurké^ne pouvant retrouver le chemin de fa cham- bre, iil tomba dans ufte grande cuve pleine de vin doux , & $ y noya. Ce fiiit , s*il eft yrai y nous montre que ces 'rois du Nord n'étoient pas alors fi bien fervis , que Yeù. aujourd'hui le moindre bourgeois.

On raconte que Suercher ou Suergdéor,. tçi de.Suède , . parlant auprès d'une caverne redoutée, dans tout le pays , comme la de« meure d*un fameux magicien » pour braver la fuperflition populaire , fe piqua d'hon* neur d'y entrer feul, & Ton afTure qu'il n'en revint pas.

Olaiîs Magnus rapporte que le roi Wa- laoder exerçoit publiquement le métier de brigand , & détroufToit les paffans ftir les grands chemins ; & tandis que tes autres brigands . fe contentoient de prendre ^a^ gent & les habits des voyageurs , ^t^alan- der^ pour fe diilinguer du commun , leur enlevoit jufqu'à la chemîfe. Si l'on jugeoit, par les mœurs du roi, de celles des fujets» on concevront une étrange idée d<;s Su^* 4qî$ de ces tems-là«

Suédoises; ^

La Suède vit renouveller, cette annëe^' Faventure tragl<j[ue de Jafon &c de Médée» Le roi Wisbur ayant répudie femme dont il avoit deux enfans , & qui lui avoit donné en mariage une très-riche dot, par- tagea fon thiône avec une de Tes maître^ &s. La prince/Te^ fi cruellement traitée, con« & le foin de vengeance à fès deux fils» Ils allèrent, de part, fbmmer Wisbur de reflituer à leur mère les richeffes qu'elle lui avoit apportées ; &, fur fon reftis, ils em- braferent le palais ; Sc^Wisbur avec la nou« velle reine , fiirent la proie des flammes.

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La Suède , alors gouvernée par Domal* der , flit afHigée de la plus terrible famine ; & les moyens , que la fuperfHtion em<^ ploya pour la faire ceflfer , furent encore plus trifles que le fléau qui defoloit les Suédois. Voyant que^ les fàcrifîces d'ani- maux n'étoient pas capables d'appaifer leurs dieux , ik crurent que des viÂimes humaines leur feroientplu^ agréables ; mais, la famine continuant toujours fes ravages , les Suédois s'imaginèrent que , pour ex- pier les crimes du peuple , des hommes vulgaires ne fufSfoient pas ; &, dans cette idée 9 ils immolèrent leur roi.

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'lO A N E C O O T I 9

Le roi Agnius revenoit d'utie expédition glprieufe , contre les Finlandois , chargé aun riche butin , ôc emmenant avec lui la princeflTe Schialva que le roi de Fin* lande lui avoit donnée pour otage. Vive- ment épris des charmes de cette pnncefle ^ il ne put modérer fes defirs jufqu'à fon retour en Suède, & fe hâta de Tépoufer, en pleine campagne, fous une tente. Schialva ne vit dans fon époux, que l'ennemi de patrie. Elle épia le moihent Agniqs ^ étourdi par les fumées du vin , étoit plongé dans le fommeil ; & , fécondée par les filles de fa fuite, elle pendit le malheureux prince aux brancheç aun arbre. Elle trouva en-^ fuite le moyen de s'enfuir dans fon pays*

'^^9^[ loo. ]^^

Ingo, prince livré aux plaifirs & à la de- }>âuche , régnoit alors dans la Suède« Après avoir épuiié les plaiiirs ordinaires , il oià porter fes deiirs criminels jufques fur la .femme de fon frère Alver, Ce prince, plus digne du wirône qu'Ingo , étoit alors oc* cupé dans une expédition militaire, du côté de la Ruflie ; mais, tandis qu'il çueiUoit des. lauriers , loin de la Suède , il recevoit dans fa. patrie un affront dont les héros ne fout pas plus exempts que les autres, Alver, rçtour de (es conquêtes^ iut ténipiu

Suédoises; i%

^n . deshonneur domeftîque ; ôc^ dan$ le premier mouveiwnt de & fvureiir , il pOH gnarda Ton perfide frère. Ingo, bleffé , eut aiTez de force pour venger ia mort , en portant à fon tour un coup snortel à ibu a/Iàffin.

Haqum ^ un des plus heureux princes de fon fiëcle, voyoîc la Suède , le Dane- marck & la Gothie fournis à fes loix. Disc enfàns, foutiens de fa maîfon, le rendoient le plus fortuné des pères. Mais , au milieu de tant de profpérités , il étoit rongé par la crainte de les voir bientôt finir par Ùl inort. Il cQnfiilta les dieux 9 pour fçavoir combien de tem$ il avoit encore à vivre^ Les dieuy, jaloux de proipérité, lui firent entendre dans un fônge, qu'il n'y avoit que la vie de ks enfàns , qui pût prolon-^ ger la fienne. Ce père barbare n'héfit^ point i iâcrifier Tefpoir de Ùl poftérité ^ defir infenië de vivre quelques années 4$ plus. Après avoir immolé neuf de fes en-*» T^ y il prëparoit le même fort au dernier^ loHque le peuple, indigné de ces cruels (a* crifices , fe ibuleva contre ce prince déna- turé , ^ Tempécha de faire périr le dernier çejetton de famille. Haqvin n*ayant plui d'enfans à iâcrifier^ ne tarda pa^ à deicenr dre au tombeau. Ce trait n'eft pieut-étre ^Vi^ £M>1^9 OM plutôt une allégorie mven«

Il Anecdotes

tée par les hiftoriens Suédois,' pour faire voir combien les vieillards font attachés à la vie«

^i^[ 366. ]«^

Le roi Adelus , après avoir étendu fes conquêtes dans le Danemarck , de retour dans la ville d'Upfal , rendoit aux dieux des allions de grâces folemnelles, & faifoit en triomphe le tour du temple , monté fur un cheval fuperbe ; mais un accident funefte changea bientôt en deuil cette fête magni- fique. Le roi, au milieu de fa pompe, tomba de cheval , & fe tua. ^

' Vïo[5oo.]«^

Ingo II du nom ne fut célèbre que par cruauté , & par les crimes de fa famille. On dit que la nature avoit donné à ce prince des inclinations douces & paifibtes ; mais Suibdager , roi de Norvège , qui fut chargé de fon éducation , le nourrit, dit- on, avec des cœurs de loups ; aliment qui infpira à ce jeune j>rince une férocité fànguinaire. Auflî-tôt qu*it fut monté fur le thrône , il s'occupa des moyens d'ôter la vie à plu- ficurs petits princes, dont les fréquentes révoltes avoient troublé le règne de fes ptédéceffeurs. Pour y réuffir, il eut Ta- dreffe d'en raffembler le plus qu^il put dans une maifon à bquelle il fit mettre te feu, pendant la nuit , oc ces malheureux

SuiDOISES. I)

princes furent tous confumés. Après cette exécution , il s'empara de leurs Etats. . La princefle Aza , cligne fille d'un tel père 9 ayant époufé Gudrot , prince de Sca* îiie, égorgea ce prince infortuné avecfon frère , &c revint epfuite s'applaudir , auprès de fon père , du fuccès de fon crime.

Tous ces forfaits ne demeurèrent pas long-tems impunis. Ingo, vivement prciTé par Evar , prince de Danemarck , &. ie voyant fur le point d'être pris , fe brûla dans ion palais , avec fa fille Âza & pre(^ que toute famille , & périt ainfi ^ par un jufte retour , du même iupplice qu'il avoit fait fbuârir à tant de princes.

Un prince auffi cruel qu'Ingo, ne paroî(^ fbit guères fait pour être légiflateur : cepen- dant on prétend qu'il rafTembla les diflfé-' rentes loix du royaume , & en fit un corps. Après la mort d'Ingo, on trouve dans l'Hif^ eoire de Suède un vuîde de près de trois cens ans.

Cette année eft l'époque de la prédica- tion du Chriflianifme dans la Suède. Louis le Débonnaire 9 roi ae France , ayant ap* pris , par le rapport de$ ambailkdeurs Sué- dois, qu'il y avoit dans ce royaume un grand nombre de perfonnes qui defîroient ae fe faire Chrétiens^ & que le roi de Suède lui-même ibroit charmé que' l'Evangile fiU

i4 Anecdote^

annonce dans Tes Etats y chargea un moiiié^. nommé Vitmar^ & S. Ansgaîre, archevêque de Hambourg , de porter dans ce royaume la lumière de la foi ; & cette miffion ne fut pas fans fruit* \

religion Chrétienne commence faire de grands progrès dans la Suède. Le roi Olaiis, II du nom^ fait prier Ethêlred, roi d* Angleterre, de lui envoyer quelques mif- fionnaires pieux & f<^avans. U' donne lui- même l'exemple à its fujets $ & rei^oit le! baptême. L'eau dont il fut baptifë, fut puH fée datis Une fontaine que l'on voit en- core aujourd'hui , près de Husbye , & qui s'appelle la fontaine de Si Siffroy. La piété' d'Olaiis fe ^gnala par un tribut qu'il s'en-

fagea de payer au pape , tous \^ ans , def avis des prélats Anglois ; démarc^he qui fit donner à ce prince le honteux fiimoni de Tributaire.

Une aâion tl'Olaiis, beaucoup plus glo^ rieufe , c'ef): la réunion du royaume des Goths à celui de Suède.

'iUfs^ loii. ]v<V

Le ChrifHanifme s'étendit de plus eti |)lu$ dans la Suède , fous le règne d'A-* mund, fils d'Olaiis. Ce prince fe diftinguat auflS particulièrement par la févérité avecf laquelle îl fit obferver la juftice dans fes

î

s xîED 6 i i E s.

États. LUiftôire fait mention d'une de fes loix , qui Élit affez connoître fon caraftere* Elle ordonnoit qu'on détruisît, & que l'on brûlât une partie de la maifon de celui qui auroit caufé quelque dommage à un au- tre ; c'eft ce qui lui fit donner le furnom de Kolhrcnntr, qui fignifie btuUur de char^ ion.

J'SK»[ii44.]«>^

Les moines font introduits dans la Suède 9 par les foins du roi Suercher , Il du nom. Cette pieufe inftitution ne rendit as fon règne plus heureux. Ce prince al- oit à rédife , fur un traîneau ^ la nuit de Noël , anez peu accompagné , lorfqu'un de fes domeftiques l'ailàmna. Le monaftere d'Alwaftra, qu'il avolt fondé, fut le lieu de ùl fépulture*

L'Hiftoire diftingue avec raifon le roi Eric, IX du tiom , de cette foule de prin- ces qui régnèrent fur la Suède, dans les premiers fiécles , & qu'on fe difpenfe de nommer , parce que .leurs avions fe bor^ lièrent à quelques expéditions contre les Danois & autres peuples voiHns , & que la plupart n'eurent d'autres vertus quun courage aveugle & féroce *. Eric fçut ré- I II I *

* Pour ne rien laifler à defirftr au leâtur , nouit

l6 A N E C DO TES

gnen II fit fleurir la paix dans Ces Etats ^ reforma les abus qui s'y étoient gliiTés ;. fie, perfuadë que la juftice eft le plus folide fondement des Empires , il railembla un corps de loix, qui conferve encore aujour- d'hui le nom de fbn auteur. Les rois dé- vots ne font pas quelquefois Ips meilleurs pour le peuple. La piété d'Eric, réglée par laraifon, ne s'occupa queJu bonheur de Ces fujets. Quoique naturellement porté à h paix , il içut cependant faire heureufe* ment la guerre. Il fournit à (es loix la Fin- lande ; &, ce qui eft plus elorieiïx pour lui, il contribua beaucoup à retirer de l'idolâ- trie les peuples de cette province. Un prince , tel qu'Eric , méritoit une fin plus heureufe. Ce bon roi fut aflàiliné dans fon palais par quelques mécontens.

A la prière du roi Charles Suercherfon,' le pape Alexandre II I décora l'évêque d'Upfàl du paltaim , & du titre Sarchevi-^ qutj mais le pontife vendit bien cher cette àveun Tous les Suédois, qui avoient des enfàns , fiirent condamnés à payer un tri-* Init au fàint iiége ; & les biens de ceux qui mouroient f^ns enfàns,'lui furent dévo*

donnerons à la fin du volume des tables chrono- lo^ques des rois de Suède , de Daneniarck , de . Kofwége, de Pologne & des (m,ï% de Rnl&e.

lus/

Suédoises. 17

lus. Cette taxe fi accablante pour le royaume ht abolie fqus le pontificat de Grégoire X.

Valdemar , roi de Suède , étant encore mineur , Birger- Jerl , fon père , chargé de ladminîfiration du royaume , fit plutieurs établiflemens utiles. La ville de Stockholm, devenue depuis la capitale du royaume, lui doit Ton origine & les fortifications. Entre glufieurs loix très-iages qu'il fit publier^ on remarque celle qui admettoit les fem« mes à la*fucce(fion de leurs parens , dont îufqu'alors elles avoient été privées. )1 étpit dit que les femmes hériteroient de la trol- iieme partie des biens de leur parens , en ligne direâe^ & delà moitié ^ en ligne collatérale.

Ms^nus 9 duc de Sudermanle > devoit quatre mille marcs d'argent à Eric f roi de Danemarck. Eric, qui étoit redevable d'une

frande fomme d'argent à un certain Pierre ^ortze 9 le renvoya vers Magnus pour en être payé. Portze, homme téméraire Se en* treprenant , rebuté des délais étemels de Magnus , prépara une fête dans un châ- teau que le duc lui avoit cédé > en atten-- dant qu'il lui payât la fomme, qu'il lui de- voit Il fit enfuite prier Magnus de vouloir bien y aififter. Le duc s'y rendit fi^ns dé* An.duNord«P^^f./» ' B

iimc^ ; waisy dès qu'ils fut entré dam le <;bft^U9 qh s!ai&iia ds fk pe^oone; &c Portze lui déc^laia qu'il np lui rendroit p<Mnt la liberté, qu'il n!eut été. entièrement pwé. Op. conçoit bien qq'il ne tarda. pas à être ûàsfaiit Mais, avant de hd0er fôrtiir.le duc» îF ^ )ur^ qu'il ne cherdleroit jaxnais à ff venger du tpur. qu'on lui a voit joué i précaution qui ne fut pas. inutile ; c^ on St qpe Ma^n\is , loin de conferver aucua i^iFentiment contre Portzç;, lui donna de* puis pluneurs témoignages d'amitié.

L'ambitîetpc. M<^ys étmt venu â boi^ d^thrôheir; {qî\, frère "Waldemar , fe.^tt couronner roi ae Suède à Up&l , ôc prenç(. le titre de roi dfS^SfUdpis^ & des Goths ; titre que Tes fuccefleurs ont toujours conTervé. Mttgnus étoit'digne <iu thrône ; fil , ii î'^n esk^ excepte Ton ambition démeTurée , V^ il^àToit aucun des vices qui caraâférifemi Ite uftirpateurs Se les tyrans^ La* Suèd^ le compjteroitt entre fes* plus grands rois,^ s^ii^n'avoit pas acquis couronne par un- cnme« Naturellement généreux fit magnîfr^ que^ plein de douceur ficd'^éqiuité, auffi^ ége roi , que brave |;uerrier, il fe fit aimer* Se refpeéler de fès&jets. Il doit Ton fui^ nonv de Laddas à^ une : ordonnance qu'iV puMk') ^cgJà dâçernoit les peines le^^ns^

grièves à quiconque enleveroit^elque cbofç de la maifon d un payfan , fans le j^yef . La révolurib'n', cjui' arriva' àii corn- ihencement de fbnrêèilé,» fournie' un" exem- ple reniar^âBl^ de & p¥a\3kncc & de f^ politique. iM^ils aVoît' âdhiîs' daiis 1^ ihydxxmt chineurs; étrangers qull avoit combles de faveûfs ; conduite qui éiccita Ite' mnnmires des noble^^ Suédois^, & prin* df)ialdnent de la faiitillé'dâ iM^lckuhgërs^ ime dêr [tlus iUùfltéis royaume, OriW

lacttrehr lés* pnfiildjiàûx de^és étrangers, lîâmfi lerquek-fe troùV&Trigëniar; Keâu-frerV ^ro^ficÙMi'àVôii. Ilss^sdrtirefeht^ufli'd^' petConûë dê^ Gerhard , comté ^ HcJ- fibiri, perè? dir la rÈÎhê; MaMîû% çraîmârit' \ia fouteveDnfieht gétiéial ^ ftt'aflez lAaftfe^ de M^m^nib , pàiiï cacher (bri reflehti- riïène. Il flatta mftttè^ avec' tant d'adrefle* Ite' ^dpzak réVdIté ^ ^*ili lui accorde- rfekit la' liberté du coitftè* de Hoiftèin; mais,' lotfiiue'lé calmer ftit réiabfi dans royaume^ Stqn^ii (èmbloiï que le roi avoit tout ou- blié, ce {trince' prit les* plus juâcs mefii- rte pout*Êurè aiïêter tdùis les FàrcWurïgérs ^d fifdétapitei^'àStbckhobn, àr^cé^ ùbn d\m féilhd'eûtt^eux'y qui en &t quitté' p?mr un0 gtotlh iSikune dVgênt

Bii

%o Anbcdotis

Le commerce des efclaves eft défendu dans la Suède , par une loi exprefTe. Bir- ger, II du nom , oui rëgnoit alors , fait auffi publier un Recueil de loix , qui fut appelle en Suédois , Konings Birgcrs^Lag ; ce qui fignifie la loi du roi Birgcr.

Le règne de Birger , qui dura environ vingt-neuf ans , fut toujours agité par les guerres continuelles qu'il eut à fbutenir contre (t^ frères qui le contraignirent à partager ia couronne avec eux. Birger, nour* riflànt dans fon cœur le defir de fe venger de fes frères 9 affeâa pour eux la plus tui- cere amitié , & leur perfuada , par ks ca* rafles, qu^il avoit oublié tout le pafTé. LorP qu'il s'apperçut qu'ils donnoient dans le ])iége 9 à les attira dans fon palais ; leur donna un magnifique fouper ; puis , au mv^ lieu de la nuit , lorfqu'ils repofoient tran^

Suillement , Birger précédé d'une troupe e gardes , vint lui-même les arrêter dans leurs lits ; les fit charger de chaînes, & leur fit mettre un carcan au col. Ils ne (ùrvé* curent pas long-tems aux cruels traitement qu'on leur fît fouffrir , pendant leur capti- vité. Birger ne recueillit aucun fruit de cette barbarie : au contraire, les peuples fe fouleverent contre ce roi dénaturé. Bir- ger n'eut d'autre reffource que de s'enfuir

r

fil Dânemarck. Les Suédois élurent pour roi 9 d'un confentement unanime, Magnus^ neveu de Birger, quoiqu'il ne fQt alors âgé que de trois ans. Ce prince fut fumommé Smeeck , parce que, dans une occafion im« portante y il fe laafla féduire par les feintes carefles du Toi de Danemarck.

{i365.]«>fU

Magnus avoit formé le projet d'abolir le iénat du royaume ^ & d'abailTer la puii* lance des nobles Se des prélats qui , dans la Suède » étoient comme autant de petits Souverains indépendans; mais, quoique for- tifié par Falliance du Danemarck & de la Norwége , il ne put exécuter un deffein fi hardi. JLes Suédois, toujours invincibles quand ib combattoient pour la liberté ^ Vcdnquirent en plufieurs combats Magnus & fes alliés , Se le chafTerent enfin du royaume. Ils jetterent les yeux fur Albert de Mecklembourg , neveu de Magnus^ qu'ils proclamèrent roi de Suède»

VÏN*[x385.]«4*^

Albert , loin de profiter de la ^fgrace de fon prédéceiTeur , avoit fiiivî fes traces,, & avoit été plus loin que lut. II s'étoit emparé des châteaux & des places fortes^' auparavant occupées par les Etats , & par la noblefife. Il avoit réimi i fon domaine la troifîeme partie des fieâ dont le clergé

Buj

feins ^ il ayotf r/smj^ ît jj^ywme de Mr

fc5 çîécel^es , il iiyoit acQS(}:dé le fiQupk 4''mP^^3 & f^k f^ ifis fcîw$4'(|i¥i grao4 nombre de i^éqUier^i^d'ofOclé^Mb^ttês^ Oft pareils attentats irriterept jles nobles Sué- dois : ils déclare;'€;pt au roi ^ qu^ils çç le reconnoi^pietit plus déformais pour l,eur maître ; mais , par une içipqidence ^tale ^ cette liberté au^dsrvouloient défendra ,, en fuyant Je joug de leur prop^'e roi ils f^ fouifiirept au joug pli|s hontefi^ oc plus ftifte cPjine femme & d'une fjeine de D37 nemarcjc. Ce fut auprèç de Maygueritç "w aldemar , qui régnoit alors fur le Pane- siarck & fur la Norvège ^ que la nobleffe Suédpife chercha du feco^rs contre l'opT

Sreffion. jL^ambitieufe Marguerite faifit avi- ement i}ne fi belïe occanoi^ de réunir la Suéde à fef deux autres royaumes. |£lle leva une armée , & marcha contre Albert. Ce prince , cfOjFsuit n'jivqir rien à craindre 4%e feiîîEitie , sVgiy» par plufiçnw raiUe- rp affjfpi, ^Kle compta d^ M^rgwerit^.

u poufft Ijf m^pri^ 'm(<ViCk H wvoyer

H^? SWiif pi^rf s ^^t il h pria» ^e fe fer- w mur ^guifeir fes ^iguiU^ fif fecifeaw. l# àéù/(^e 4'A)))9rt, arrivée en 13^8, fit ^er fes p}^fiMiterîe$t U 6it pw & coA^

Sxnt devant -h téne <fA prit la revanche. £lle le confina <lans Mne prifon, d'oùxe prince ne ibrtit qu'après avoir renoncé k tous lies âroiis'fiù' la Suèiew

Ceft dans les tems de troubles te de calamités que Diiftobe d'une nation de- vient curieufe &c attachante. La Suède li- bre Scflotiffioite ae ircnc ii fouitii^ peft- ^bnt l'e^ce de fiufieuTS iiëcles ^ (juMn pedt fiontbre de traits "dàgÊm 4tùi^t^ îtâewr. Maisv loff<pi\m vèit ce Itiéflte peuple, fi fier 6c £ jAotûL & Hl>éc¥é> àSfervi tmt^à-cMp, par les méMes Aïo^^^eits '^^avoît pnspoor fe c<mferv«r Vàtet ,*i<K$ implacables «memis ^ fit^ ce ^ui èft fÊè$ hoîitevk encdf^^ & une famne , cVft ^ts que ntaétét tomiMiice ; 6c c^eft 4 céH e époque , ^ivè nom irbinhièfiçôtti^ feîum « complet les roii dt SAède ^ jri^ltri i^éu dîgnes^pour hplàpttt, tfbecfif^ Wle pUtSi dans un MVifiuse^ l'toii hVAnét ïtell ^ Àe «Ht iritet^Biit»

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1^

MARGUERITE VALDEMAR.l.

CEtte princcffe, après viftoîre,' avoit été proclamée , d*un confente- Mnent unanime^reine deSuède. Les commen- cemens de Ton règne n'avotent pas donne lieu aux Suédois de fe repentir de s'être fournis à (es Ioix« Mais, voyant qu'elle n'a- voit point d'eilfàns ^ & craignant que 6l mort ne les livrât de nouveau entre les mains d'Albert , ou de Ton fils , ils lui firent . propofer de prendre un éppux digne d'elle, qui lui donnât des héritiers de fa pmflànce. Marguerite , trop fiere pour vouloir parta- ger l'autorité (buveraine avec un mari, n'accepta point cette propofition ; mais , pour Èitisfaire au defir des Suédois , elle nomma pour fon fuccefTeur Ton peât- neveu Henri , duc de Poméranie , auquel elle donna le nom SEric\ La jeuneiTe de ce prince ne lui donnoit pas lieu de crain* dre qu'il entreprît de troubler fbn gouver- nement, 6c de lui faire la loi.

Marguerite , craignant avec raifon que

^Suédoises. fj

ion /ucceiTeur, moins habile^ ou moins heu^ reux 9 ne pût pas conferver les trois cou- ronnes quelle lui deftinoit , réfoiut de ci- menter par un traité folemnel Funion des trois royaumes, & de la rendre 9 s'ilétoic poffible 9 irrévocable. Les fénateurs & les principaux nobles du Danemarck, de la Norvège & de la Suède s'aflemblererit par fon ordre à Calmar, ville de la Suéde. La reine leur préfenta le jeune duc de Po- ménmie. Elle leur expofà dans un dif- cours éloquent &c perfuaiif les avantagés que devoit leur procurer l'union intime des trois royaumes fous un feul roi , & les prefia de porter une loi folemnelle & fon- damentale , qui affermît pour toujours cette union. L'éloquence de la reine lui gagna tous les fuflfrages. Les Etats ,pour fe con- former à fes intentions , portèrent cette loi célèbre , connue fous le nom Hl union de Calmar, & qui, deftinée à rétablir la paix^ fut b iburce des guerres iànglantes, qui dé- folerent le Danemarck & la Suède , pen- dant Tefpace d'un iiécle. En voici leis prin-. cipaux articles :

L ^ Les trois royaumes n'auront qu'un feul & même roi , qui fera choîû tour- à* tour entre les principaux citoyens de cha- que royaume , à moins que le roi déiùnt n'ait des enfàns, ou des parens auxquels on défère b couronne^ d'un confentement una«

H. «Le «oi^cablha tovr<*i-Cëur Aréfk^ ide&ce dans chaque Toyaume. Il confom- jnera les xevenus , ^'îl drera de chaqite royaume , daas pays même 4fak les lui «aura fournis., «u les eiftploiera à <{uelqiie étaUiâetiientutUej>ouf -teaiéme roykifhe.^»

III. Chaque royaume fera ^gouvdoé ^r fes loÎK pardtttUeres , &c cûnfervera (es |)riviléges 9 ibti (ënat , fes magîftrats & tes loix. Les gamfons^ ou'on mettra dans fts "villes 9 feront tomeofees de naturels da wys, & jamdis d'ëtongers, |ia$ ««ine dTiabîtans des autres royaumes unis.

La loi de Calmar eut le ^<Mt de toupies traites que les |>rHKes n'obfervent que loc^ ^'ils ne (ont pas afièz pui(&ns pour Ite rompre. L'ambition de Marguerjfte ne tanfa pas â s'affranchir des entraves l'en croyoit pouvcMr Tenfermer. Elle s'empam avec adrefle des